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Culture

Les chercheurs de trésors historiques

Sous la conduite de l’historienne Marie-Lucy Dumas, des passionnés de paléographie font ressurgir des pans de l’histoire locale.

«Un “couratier”… Voilà un bon exemple ! Qui sait ce que cela désigne ? » Marie- Lucy Dumas lève le nez du parchemin qu’elle tient en main pour interroger les membres du groupe “paléographie” qu’elle anime au sein de l’Université populaire du Grand-Alès (UPGA)1.

Depuis dix ans, cette historienne passionnée des Cévennes initie le grand public au décryptage des vieux papiers. Une pratique aussi singulière qu’ardue puisqu’il faut appréhender à la fois les termes désuets qu’ils contiennent et les formes d’écritures, littéralement illisibles pour un néophyte. « Les textes du XVe siècle et du début du XVIe siècle sont effectivement difficiles à lire. Ceux du XIVe siècle sont en revanche très faciles puisque ce sont des minuscules “caroline”, mais tout est écrit en latin… », donne en exemple l’experte.

« Passionnant » et « émouvant »

Ils sont sept, cette année, à creuser ainsi l’histoire locale pour s’amuser. Tous les mois, ils se donnent rendez-vous sur leur terrain de jeu favori : les Archives municipales d’Alès. « C’est passionnant, témoigne Alain, parce qu’il y a toujours des documents surprenants à découvrir ». À côté de lui, Marie-Thérèse ressent même de l’émotion : « En touchant du parchemin ou du papier chiffon, datant parfois du XIIIe siècle, je ne résiste pas à l’envie de me représenter physiquement celui qui a écrit… même s’il s’agit d’un banal acte notarié ».

S’ils sont chacun venus avec une motivation propre, les apprentis paléographes ont tous comme point commun la passion de l’Histoire. Dans ce contexte, Marie-Lucy Dumas n’a pas de mal à créer une saine émulation pour explorer différentes périodes historiques et différentes thématiques.

Des pans d’Histoire refont surface

Et à force de sortir des rayonnages les boîtes d’archives qui n’intéressent pas grand monde, les membres du groupe “paléographie” finissent par reconstituer des pans entiers de l’Histoire locale. « Depuis Marcel Bruyère ou Achille Bardon, personne n’a véritablement écrit sur la ville d’Alès… Nous le faisons par petits bouts », s’amuse Marie-Lucy Dumas.

Les écrivains, les églises oubliées, les châteaux, les hameaux cévenols, Alès au Moyen Âge, … Le travail de déchiffrage alimente des travaux qui sont ensuite présentés au public, soit à travers des conférences, soit à travers des publications, notamment dans Le Lien des Chercheurs Cévenols. « Féru de généalogie, dans ce cours de paléographie je suis venu apprendre une méthodologie ; j’ai finalement trouvé une histoire inépuisable », avoue Michel.

1 – Créée en 1999, l’UPGA propose des cycles de réflexion et d’instruction pour le plus grand nombre.

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