ALES.FR

Actualité

Luc Julia : « L’intelligence artificielle n’existe pas »

Vice-président pour l’innovation chez Samsung et co-inventeur de l’assistant vocal Siri chez Apple, Luc Julia est intervenu à l’IMT Mines Alès lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle (IA), cette nouvelle “religion” dont beaucoup parlent à tors et à travers selon lui, au risque de la transformer en chimère, en hydre ou en Orla du XXIe siècle pour son plus grand malheur. Profanes et experts, entrepreneurs du bassin alésien et étudiants-ingénieurs ont bu les mots drôles, ingénieux et démocratisants sur l’IA avec, à la clé, une question essentielle pour le territoire : peut-on développer des projets sur Alès avec les icônes des technologies de demain tel que Luc Julia ?

C’est avec un titre un tantinet provocateur que l’un des experts les plus reconnus du moment en matière d’informatique et de technologie du futur, Luc Julia, a écrit un livre devenu best-seller : L’intelligence artificielle n’existe pas. Précisons :  « L’intelligence artificielle n’existe pas, tant qu’on ne l’a pas inventé », avance Luc Julia, vice-président pour l’innovation chez Samsung et co-inventeur de l’assistant vocal Siri, lors de sa conférence à l’IMT Mines Alès, le 23 septembre. En d’autres termes, il n’y a pas d’intelligence dans les machines qui, au final, ne sont que des robots dotés de capacités de calcul qui dépassent largement celles de l’homme. Mais en termes de création, donc de réflexion, il n’y a rien. Juste des ordinateurs, des données et de l’électricité. Beaucoup d’électricité.

Mais pourquoi ce ponte de la technologie se trouvait-il à Alès ?
Le club d’entreprise Leader Occitanie, présidé par l’Alésien Jalil Benabdillah (également vice-président d’Alès Agglomération), a invité Luc Julia, né à Toulouse en 1966, pour débattre avec les entrepreneurs et les étudiants de Montpellier et d’Alès. Débattre de technologie, d’IA et pourquoi pas participer au développement des projets de l’école d’ingénieurs dotée d’un laboratoire “Informatique et intelligence artificielle”.
« Notre paradigme de société a bougé et il a été fortement secoué avec la crise sanitaire. Le numérique offre des possibilités et des opportunités qui sont à même de réduire les inégalités de développement économique et technologique qui existent aujourd’hui entre les territoires, les régions, les pays », ont soutenu d’une même voix Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération, et Jalil Benabdillah.

L’IA, du mythe à la réalité

Luc Julia est un personnage qui parle à tous les publics. Pour démocratiser le dialogue, il faut d’abord démystifier les peurs et les délires de science-fiction.

« L’IA, telle que la plupart des gens la perçoivent, n’existe pas. L’IA ce n’est pas Hollywood, ni Terminator, ni Her. De nos jours, beaucoup parlent de tout et de n’importe quoi au sujet de l’IA. Le risque est que l’on fasse miroiter aux gens des choses qui seront totalement impossibles à réaliser grâce à l’IA, et donc de créer des déceptions. » Oubliez donc les voitures 100 % autonomes dont les constructeurs reculent chaque année un peu plus l’avènement.

Progrès, innovation et régulation

Le numérique et les nouvelles technologies en général sont à considérer, selon Luc Julia, comme de simples outils : « Cela nous permet d’avoir une intelligence augmentée. C’est comme le marteau ; quand l’homme a inventé le marteau pour enfoncer un clou, il s’est rendu compte que c’était mieux qu’avec la main. Après, celui qui frappe son voisin avec un marteau, ça pose un problème, il faut donc réguler. »
C’est-à-dire qu’il faudra faire un choix. Car le Big Data, l’accumulation démesurée de données dans à peu près tous les domaines, consomme aujourd’hui près de 30 % de l’énergie mondiale. Un gouffre énergétique qui peut nous amener droit dans le mur. C’est l’un des grands débats qui se déploie en ce moment avec la 5G. Les plateformes de streaming et de jeux vidéo vont être des consommateurs de données et d’énergie au point de devenir un problème tant pour les hommes que pour la planète.
« La régulation du numérique doit permettre le progrès des outils et des systèmes. Là où l’innovation doit se faire, c’est dans des domaines essentiels de la vie des gens : les transports, la santé, la vie quotidienne », assure Luc Julia.
Ce sont les projets que développe notamment l’IMT Mine Alès avec la plateforme mécatronique autour de la robotique et le département PRISM autour des enjeux médicaux.

Un territoire connecté est un territoire d’avenir

Tout l’enjeu pour un territoire comme Alès Agglomération, en matière de développement économique, technologique, mais également environnemental, dépend en effet de ses capacités à former et conserver son potentiel humain.
Être connecté aux réseaux mondiaux, aujourd’hui, n’est plus une option ; c’est devenu vital. Les chefs d’entreprise l’ont bien compris.
Avec Leader Alès et la voix d’Alexandre Coulet, dirigeant de SGroup, les élus et leurs partenaires institutionnels incarnent ce dynamisme innovant et devenu indispensable. Créer des liens avec les têtes pensantes des technologies de demain est pour le coup la preuve d’une véritable intelligence. L’intelligence humaine qui aura toujours, selon les mots de Luc Julia, un petit plus sur toute l’intelligence artificielle dont la limite est celle-là même que l’homme lui impose.

Revoir la conférence : https://youtu.be/zE1PFhvmmUM

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email

L’intelligence artificielle n’existe pas
Luc Julia, éditions First

Newsletter

Vous souhaitez être informé régulièrement de l’actualité de l’Agglo ? Inscrivez-vous à la newsletter.

/ Mots-clés : , ,

FERMER