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Gérard Bardel, champion de France d’orpaillage : « Tous les Gardons sont bons »

Cet habitant de Boisset-et-Gaujac vient de décrocher son cinquième titre national. Rencontre avec un homme passionné qui s’entraîne dans la vallée des Gardons.

«J’ai la fièvre depuis plus de trente ans » s’amuse à dire l’orpailleur, quintuple champion de France (1997, 2017, 2018, 2019 et 2020) et deux fois médaillé aux championnats du monde (1998, en Californie, et 2002, au Japon). « C’est lors d’un séjour à Madagascar, en 1989, que j’ai attrapé le virus », se souvient-il. À son retour, Gérard Bardel s’inscrit dans l’une des meilleures associations de France, Limousine Orpaillage.

Puis sa vocation se confirme en Nouvelle-Zélande où il fait sa plus belle récolte : 80 grammes en deux années de prospection. « Dans le Gard, je n’ai recueilli que 8 grammes en six ans… Mais ma plus grosse paillette en France, c’est bien dans un Gardon que je l’ai trouvée : 5 millimètres de diamètre, de l’or presque pur, entre 20 et 22 carats ! »

Grand voyageur, Gérard Bardel a écumé toutes les régions de France où se trouvent des rivières aurifères : la Haute Savoie où il est né, le Limousin où il a vécu, les Pyrénées, l’Ariège et la Bretagne découvertes avec les associations… Mais après quarante ans de métier dans la métallurgie, ce sont les Cévennes qu’il a choisies comme lieu de retraite pour s’adonner à son activité préférée. Il en vit d’ailleurs un peu, en initiant ceux qui le souhaitent : « Avec des paillettes calibrées, je montre le mouvement à effectuer. J’organise aussi des sorties. Peu importe l’âge, seule l’envie compte… Mais ne croyez pas que c’est un filon. On ne devient pas riche en orpaillant. C’est d’abord une passion qui permet de se promener dans la nature et de passer une bonne journée ».

Dès les beaux jours, il pratique d’ailleurs loin des curieux. « Tous les Gardons sont bons. J’aime beaucoup celui d’Anduze, très réputé et proche de chez moi. Mais l’orpaillage, c’est un peu comme pour la cueillette des champignons : chacun garde ses coins secrets… »

Son matériel se limite le plus souvent à une simple pelle, un seau, un tamis, une batée et une pipette pour capturer la moindre particule brillante. Il sort parfois une rampe de lavage de fabrication artisanale. Puis il inspecte les failles des “bedrocks”, ces longs rochers plats dans le lit des rivières.

Aux derniers championnats de France, organisés en septembre 2020 en Charente, au bord de la Vienne, le chercheur d’or boissetain a encore fait parler son expérience. Il obtient le bronze chez les vétérans et l’or dans la catégorie “TRIPAN”, la plus longue et difficile des catégories : « Les pieds dans un bassin rempli d’eau, vous devez laver trois seaux de dix litres de sable en trois batées, décrit-il. Batée française (chapeau chinois), pan américain (en forme de poêle à fond plat) et batée plate (large disque à rainures). Il faut ensuite récupérer toutes les paillettes dans un tube, en temps chronométré. Trois minutes de pénalité par paillette perdue ! » Si l’orpaillage est un loisir qu’il pratique pour apprécier le calme et la nature, Gérard Bardel est aussi un chercheur d’or invétéré, accroc aux frissons des compétitions.

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