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Fabrice Erre : « La caricature est un vecteur de compréhension du passé. »

Au lycée Jacques-Prévert, le dessinateur et professeur d’histoire-géographie Fabrice Erre est venu présenter une conférence autour de son travail d’auteur de BD et du concept de liberté d’expression. C’est principalement par l’humour et la caricature que le bédéaste a choisi d’exprimer ses questionnements sur l’actualité comme sur sa vie de prof.

« L’humour, ça doit être un coup de poing dans la gueule », dixit Cavanna, fondateur des journaux Hara-Kiri et Charlie HebdoFabrice Erre, enseignant et auteur de bande dessinée, est intervenu devant plus d’une centaine de jeunes du Lycée Jacques-Prévert, sur le thème de la liberté d’expression à l’occasion de la semaine de la Laïcité.

Invité par Franck Martinez, professeur de mathématiques, le dessinateur et enseignant d’histoire-géographie a assuré une conférence autour de l’histoire de la satire, du dessin de presse et développé ses thèmes de prédilection qui ont donné lieu à plusieurs livres sur le complotisme et la satire.

L’humour crée un décalage avec la réalité pour mieux la comprendre

« Notre période est propice a abordé des questionnements que se posent les jeunes comme les adultes. Le dessin humoristique permet de créer un décalage avec la réalité afin de mieux la comprendre », a indiqué Fabrice Erre.

« Bal tragique à Colombey – 1 mort », la Une sur la mort du Général de Gaulle qui a provoqué la mort du journal satirique Hara Kiri, devenu plus tard Charlie Hebdo.

Après avoir présenté son propre travail centré notamment sur sa “vie de prof” avec sa série Un jour au lycée, que l’on peut suivre sur son blog, Fabrice Erre a développé l’histoire de la satire et du complotisme qui ne datent pas d’hier.

« L’histoire du complotisme commence avec la Révolution française qui aurait été fomentée, selon Auguste Barruel, prête jésuite, par exemple, par les Francs-Maçons. Ce que pose comme problématique le complotisme, c’est la remise en question de l’histoire. Aujourd’hui, avec des mouvements comme le Récentisme qui nie l’existence du Moyen Âge et donc de 800 ans d’histoire, nous glissons vers le Négationnisme qui remet en cause l’existence des camps de concentration par exemple. »

Plus de deux siècles de complotisme

Avec sa BD Les complotistes, le dessinateur développe un récit où un prof parano embarque un collégien dans la cave du collège pour lui révéler tous les sombres complots de l’histoire : de la platitude de la Terre à l’assassinat de Kennedy en passant par les Reptiliens et les attentats du 11-Novembre. De quoi donner à son élève les outils intellectuels pour construire son plan secret : séduire la plus belle fille du collège.

Si Fabrice Erre a choisi l’humour et la caricature pour exprimer ses questionnements, il n’est pas pour autant dessinateur de presse, un autre genre de liberté d’expression qu’il a présenté aux lycéens.

Avec son acolyte Terreur Graphique, Fabrice Erre a publié aux éditions Dupuis, Le pouvoir de la satire, une plongée dans l’histoire du dessin satirique en partant de l’attentat contre Charlie Hebdo.

Le Pouvoir de la Satire © Dargaud

Les Complotistes © Dupuis

Où sont les limites de la liberté d’expression ?

« Les premières caricatures datent de 1830 avec les célèbres dessins de Charles Philipon qui croqua sous forme de poire le visage du roi Louis XVI qu’il était interdit de dessiner. La poire devint le symbole du roi, de son régime. Dessiner une poire, c’était critiquer le Roi. Cela soulève la question de la limite de la liberté d’expression que l’on ne peut pas, par essence, limiter. »

Car le champ de la liberté d’expression est compris dans un espace à géométrie variable. « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui », expliquait déjà il y a trente ans le décapant et tireur tout azimuts Pierre Desproges.

« Cet espace de la liberté d’expression qui s’est agrandi au fil du temps doit être sans cesse réévalué et c’est à chacun d’entre nous de trouver ses propres limites à cette liberté », a conclu Fabrice Erre.

La conférence s’est terminée par un questions/réponses avec les lycéens qui ont su se montrer intéressés par tous ces questionnements autour de la liberté d’expression et du respect des uns et des autres.

Fabrice Erre a également montré par le dessin comment son personnage phare, une caricature de lui-même, s’est construit notamment à travers le regard des élèves : « Un prof c’est vieux, même s’il a 23 ans. Le nier est une erreur. »

Fabrice Erre a démontré aux lycéens qu’il fallait savoir rire de soi-même. Accepter la caricature, c’est ouvrir le débat.

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